Au Moyen Âge, la technique du vitrail consiste en une composition formée de plusieurs pièces de verre maintenues par un réseau de plomb. Il n’y eu d’abord qu’une seule couleur par morceaux de verre. Celui-ci était fixé dans les fenêtres par des tiges métalliques. Les vitraux ont d’abord constitué un élément pratique correspondant à la simple fermeture des fenêtres, ils prendront un rôle plus décoratif par la suite.

Au Moyen Âge, le verre est teint dans la masse en cours de fusion. On introduit dans la pâte un ou plusieurs agents colorants, en général des oxydes métalliques, avant le refroidissement et la vitrification.

  • Pour le verre bleu, on introduit du cobalt qui est un oxyde de cuivre, ou du safre, deux éléments chers que l’on fait venir d’Allemagne ou de Chine
  • Le verre rouge est obtenu par l’introduction d’oxyde de cuivre calciné.
  • Le verre vert est obtenu avec du fer.
  • Le verre jaune est obtenu avec du manganèse (oxyde de fer).

Les plaques de verre

Il existe deux grandes techniques pour obtenir des plaques de verre, la technique antique par coulage, et le soufflage qui se développe principalement au Moyen Âge.

  • Le coulage est la technique antique qui consiste à étaler le verre sur une dalle alors qu’il est encore en fusion et donc mou. Cette technique ne permet pas d’obtenir des formes très régulières, elle ne sera pas « poursuivie » au Moyen Âge.
  • Le soufflage est effectué selon deux techniques, le manchon ou la cive.

Le manchon est la plus ancienne technique décrite par le moine Théophile. Le verrier prend une boule de paraison (masse de verre) au bout de sa canne puis il souffle en tournant sa canne, donnant à la paraison une forme de bouteille qui devient un cylindre assez régulier. On détache ensuite ce cylindre de la canne et, comme le verre est encore mou, on peut inciser le cylindre, obtenant ainsi une plaque, qui est assez épaisse au Moyen Âge.

La cive consiste à souffler directement un « plateau » de verre. Le départ de l’opération est à peu près le même que précédemment sauf qu’en soufflant, le verrier cherche plutôt à faire apparaître une sphère. Une fois soufflé, on place le pontil en face et on enlève la canne. Le creux laissé par la canne permet à l’air de s’engouffrer et, en continuant à tourner, le verre s’aplatit et on obtient un disque. Enfin, on détache le pontil.

Le souffleur de verre

Le souffleur de verre est un métier d’art, de tradition, hautement qualifié, nécessitant un très long apprentissage. N’hésitez pas à aller les voir travailler, cela vous laissera un souvenir inoubliable, et visitez le lien.

 

Le fusing

Le fusing  est le terme anglais employé (to fuse : faire fondre) pour désigner le verre fusionné. Il s’agit de la plus ancienne technique de travail du verre, déjà utilisée il y a 3 500 ans dans la fabrication d’objets de verre ouvragés : la première période de prospérité de cette technique se situe en Mésopotamie et elle connut son apogée avec la culture égyptienne. Elle consiste à superposer à froid plusieurs couches de verre et à les faire fusionner dans un four à haute température pour former une seule pièce homogène. Pour ce faire, il est indispensable d’utiliser des verres compatibles, c’est à dire ayant le même coefficient de dilatation. La température utilisée dépend de l’effet recherché et varie de 760° à 850°, pour une fusion totale.

 

Le Tiffany

La technique du vitrail Tiffany a été créée à la fin du XIXème siècle par un américain, Louis Comfort Tiffany. Les procédés de coupe et les instruments utilisés sont identiques à ceux de la méthode traditionnelle du vitrail au plomb, c’est l’assemblage qui diffère. Les morceaux de verre sont sertis d’un ruban de cuivre autocollant. La soudure à l’étain recouvre intégralement le cuivre ; réalisée avec soin, elle présente un aspect bombé. Ce mode de sertissage permet d’utiliser des petites pièces de verre et si nécessaire de les monter en volume. Tiffany a mis en oeuvre cette méthode d’une plus grande souplesse que la méthode traditionnelle, en particulier pour des luminaires.